Matsuo Basho

Publié le par arel

J'ai une profonde fascination pour les haïkus, forme poétique, d'origine japonaise.
Ce qui me plait dans ces petits écrits, c'est qu'ils laissent une large place à l'imaginaire, aux sensations. Le lecteur n'est pas limité par la barrière des mots limités à leur plus stricte nécessité.
Le but pour l'auteur n'est pas de mettre en valeur les mots, la phrase, mais un sentiment, une impression. J'aime cette définition qui dit que le haïku ne doit pas décrire mais évoquer.
L'un des maîtres du haïku est Matsuo Basho ; il sait mettre en mots la plus petite de ses impressions, quand je lis un de ces poèmes, je ne peux qu'envier cette facilité à apprécier et faire partager un instant fugace, un petit plaisir.

Paix du vieil étang.
Une grenouille plonge.
Bruit de l'eau.

Dans ces quelques mots, tout est dit et pourtant rien n'est écrit ; chaque lecteur peut se représenter son étang, les arbres qui le cernent, l'intensité du vent dans les feuilles. Fait-il beau ? Le ciel est-il gris ? Où se trouve cet étang ? Et c'est ainsi que l'esprit peut s'envoler.

Je me suis souvent dit qu'il était bien difficile de faire partager de menus plaisirs de la vie ; comment faire comprendre mon émotion devant une toile d'araignée perlée de rosée, face à un champ de lin en fleur ou devant un simple rai de lumière traversant mon salon ?

Matsuo Basho y arrive et avec brio ; de petits poèmes à déguster comme des friandises et avec un esprit libéré du carcan des mots, des figures de style. Et à chaque lecture l'image sera différente, soumise à nos émotions.


 

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